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Nouveau régime indemnitaire des enseignants-chercheurs et chercheurs (RIPEC)

Plutôt que de procéder à des augmentations significatives des salaires, le ministère préfère mettre en place une procédure d’attribution de primes (sans pour autant en donner les moyens financiers).

Alors que le point d’indice a été gelé en juillet 2010, hormis l’augmentation de 0,6% en 2016 et 2017, sur la période juillet 2010 - mars 2022, la hausse des prix a été de 15,5% (cf l’indice des prix à la consommation de l’Insee) et les cotisations sociales des fonctionnaires ont augmenté de 4,85 points, amputant d’autant les salaires nets. Ainsi, par rapport aux collègues qui avaient la même ancienneté en 2010, le pouvoir d’achat des salaires a diminué d’environ 20%.


Le nouveau régime indemnitaire des enseignants-chercheurs et chercheurs (Ripec) s’adresse aux professeurs des universités, maîtres de conférences, directeurs et chargés de recherche. Le dispositif est composé de 3 composantes :

  • une composante statutaire (C1)

  • une composante fonctionnelle (C2)

  • une composante individuelle (C3)

La composante statutaire remplace la PRES (Prime de Recherche et d'Enseignement supérieur) d'un montant de 2800€ en 2022, elle devrait passer à 6700€ en 2027.


La composante fonctionnelle remplace la PCA (Prime pour charge administrative). La liste des fonctions donnant droit à cette prime est arrêté par le CA des établissements.


La composante individuelle remplace la PEDR. La mise en œuvre de cette prime tourne au cauchemar au sein de l'UPC.


Tout d'abord, l'équipe présidentielle n'a pas été capable de négocier un montant suffisant pour ces primes. L'UPC a obtenu du ministère 506000 € (soit environ 110 primes) au lieu de 1,2 millions €!

Pour tenter de compenser, l’université fait des économies artificielles en décalant le versement de ces primes de 4 mois pour 89 PEDR sortantes (économie de 112000 €). De plus, la présidence envisage de puiser dans le fond de roulement de l'établissement. On sait par expérience à quoi de telles pratiques ont conduit d'autres établissements (mise sous tutelle du rectorat, gel de tous les postes pendant plusieurs années, ...).


D'un point de vue organisationnel, le coût humain (et financier) est exorbitant. Cette année il y a 200 dossiers en sciences, 200 dossiers en sciences humaines et 50 dossiers en santé.

La procédure de sélection est délirante! Il y aura deux rapporteurs au niveau de l'établissement (faculté ou CAC et des rapporteurs CNU puis un passage au Senat-FR puis in fine la présidente. Les rapports au niveau de l'établissement consistent en 3 notes (A/B/C) et 3 argumentaires (sur l’enseignement, la recherche et les tâches d’intérêt général). La faculté des sciences se dirige vers une évaluation disciplinaire, donc menant à évaluer son collègue de bureau tandis que la faculté SH semblerait préférer une évaluation strictement extra disciplinaire.

Pour tenter d'éviter les conflits d'intérêt, Il faudra s'assurer que les évaluateurs n'ont pas pris un café dans les 10 ans qui précèdent avec la personne évaluée...

Cette nouvelle usine à gaz (et dire que l’on continue d’importer du gaz russe !) va entrainer une accumulation de rapports plus ou moins objectifs et après une dernière phase de tambouille, une fraction des candidat-e-s se verra attribuée la prime sur la base d’un classement…




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